Nous nous permettons de penser que oui et de considérer que l’utilisation de la bicyclette en ville est « normale ».

Pourtant, les responsables des aménagements urbains n’ont certainement pas la même vision de la « normalité » que nous, puisque les investissements en infrastructures routières sont quasiment consacrés pour 100% à l’automobile.

Pendant de longues années, en particulier pendant les « Trente Glorieuses », avec l’essor de l’automobile, les cyclistes urbains en région parisienne ont été perçus au mieux comme des sportifs et au pire comme des marginaux réfractaires au « progrès industriel ».

Velo_taxi_pendant_l_occupation_Albert_HarlingueAprès la seconde guerre mondiale, l’automobile, s’imposant comme la norme, est devenue en Europe occidentale le mode de transport le plus utilisé en ville. Les bicyclettes, si précieuses durant la guerre, ont souvent fini leur vie à rouiller dans un coin de cave.

Malgré tout, les cyclistes n’ont jamais totalement disparus : Les sportifs ont préféré utiliser des « vélos », terme plus noble à leurs yeux. Les bicyclettes, à usage ludique, ont continué d’être produites essentiellement pour la joie des enfants.

Néanmoins, dès les années 70, certains responsables politiques européens se sont inquiétés des problèmes liés à l’encombrement de la voirie dans les agglomérations et l’augmentation spectaculaire des accidents de la circulation.

Amsterdam_protest_1979___Joe_DunckleyLes Pays-Bas n’ont pas été épargnés par la vague automobile qui fit de très nombreuses victimes parmi la population, essentiellement des enfants. Un vaste mouvement de protestation poussa alors les autorités à réagir et à remettre en cause l’hégémonie de l’automobile.

En France, avec une vingtaine d’années de retard sur nosStation_Velib_Paris___MDB95 voisins européens, une prise de conscience « écologique » s’est généralisée. A la fin des années 90, malgré de vives critiques, la mairie de Paris entreprit de réduire la place consacrée à l’automobile sur l’espace public. En 1996, un réseau de pistes cyclables est créé. Depuis 2001, l’opération « Paris Piétons Vélos Rollers » suivi de « Paris Respire » en 2002, permet de limiter la circulation des automobiles dans le centre de la capitale le dimanche. En 2007, le système de location de bicyclettes « Vélib » devient rapidement un énorme succès et au même moment un réel engouement pour la bicyclette gagne la population parisienne. Aujourd’hui près d’un foyer parisien sur deux n’a pas de voiture.

Pourtant, sur la chaussée, le moyen de transport le plus visible (car le plus encombrant, le plus bruyant et toujours le plus fréquent) reste l’automobile. Mais il ne tient à presque rien pour que les « habitudes » évoluent et bousculent la « norme ».

Si nous prenons le temps de penser à ce qui est bien à la fois pour la santé des personnes, la lutte contre les nuisances sonores, le réchauffement climatique et le gaspillage énergétique, alors prendre sa bicyclette pour se déplacer en ville devient tout à fait « normal ».

Evidemment, il convient de ne pas oublier que les personnes à mobilité réduite n’ont pas forcément le choix de la « normalité » !

En résumé, compte tenu de cette dernière réserve et de besoins parfois exceptionnels, la bicyclette peut être considérée à juste raison de nos jours comme le mode « normal » pour se déplacer sur des distances moyennes (de quelques centaines de mètres à quelques kms) en ville.

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Depuis 1974, l’association Mieux se Déplacer à Bicyclette milite en Île-de-France pour l’amélioration des conditions de circulation à bicyclette au quotidien. Vous pouvez soutenir MDB, en participant à la 11ème Ronde à Vélo (promenade familiale à bicyclette) organisée par l’antenne MDB-Vallée de Montmorency le dimanche 23 septembre 2012

 Pour télécharger le tract : La_bicyclette_normale___2012