Ville_a_vivre_30Ville 30, tous acteurs

Chaque automobiliste ou cyclomotoriste responsable a le droit d’exercer sa liberté de modérer sa vitesse :

- en roulant de manière apaisée partout où la vie locale est présente,

- en affichant son engagement à l’aide de l’autocollant « Ville 30, ville à vivre » disponible sur le site http://ville30.org/

Une réduction de la vitesse pour augmenter la sécurité, la qualité de vie, la convivialité, renforcera l’idée de réhabiliter la ville pour ce à quoi elle était destinée : un lieu de vie et d’échanges.

Le concept de ville 30 a été présenté pour la première fois par la FUBicy lors du Congrès du Club des villes et territoires cyclables de la Rochelle en octobre 2009 .

La rue n’est pas une route

Rues, ruelles, impasses, artères et autres voies de nos villes ne sont pas identiques aux nationales, départementales et rocades. Une évidence pour tous ? Pas au regard du code de la route puisque la même logique routière s’y applique.

Il y a urgence à mettre en oeuvre le code de la rue pour nos villes et nos villages ; la ville n’est pas réductible à une somme de routes dont l’objectif premier est de faciliter la circulation automobile, assignant à résidence les plus vulnérables et empêchant tout autre choix de mobilité.

Un renversement des valeurs

Alors que les zones 30 étaient considérées comme des dérogations au 50 km/h et concédées devant une école sous la pression des parents, ou dans une rue sous la pression des habitants, elles deviennent la norme : le 50 km/h devient alors l’exception.

L’impact de la limitation à 30 km/h sur la sécurité

On doit souvent se justifier pour demander des limitations à 30 km/h, mais la vraie question est plutôt ; pourquoi 50 km/h dans les quartiers et centres-villes ? Permettre des pointes à 50 km/h dans les lieux de vie n’a en effet aucune justification :

- les pointes de vitesse à 50 km/h au travers des quartiers ou des centre-ville, du fait des nombreux points de ralentissement (stop, feux, encombrements, manoeuvres etc.) n’ont dans la plupart des configurations aucun effet sur les temps de parcours,
- en revanche le 50 km/h est incompatible avec la vie locale, que ce soit en terme de sécurité, de bruit ou d’émissions de polluants locaux engendrés par les fortes accélérations inutiles :

Les distances d’arrêt : A 30 km/h il faut 13m pour s’arrêter alors qu’à 50 km/h l’automobiliste aura parcouru 14m avant même d’avoir commencé à freiner !

Distances_freinage

Corrélation entre vitesse et gravité du choc Lors d’un choc avec un piéton ou un cycliste à 50 km/h le risque de décès est multiplié par 9 par rapport à un choc à 30 km/h !

La vitesse oblige le conducteur à porter son regard loin devant, essentiellement sur la chaussée, l’isolant de son environnement immédiat, en particulier de ce qui se passe sur les côtés.
La ville disparaît au profit de la route et les usagers locaux sont réduits au statut d’obstacles.

Les nuisances sonores baissent également avec la réduction de la vitesse.
En ville, tous ces bénéfices s’obtiennent contre un allongement de seulement quelques secondes par kilomètre parcouru : négligeable à l’échelle d’un trajet complet.

La limitation à 50 km/h doit donc devenir l’exception au lieu de la règle et réservée à des axes de transit.

Paris_30

Fontainebleau à 30 : Bilan après 2 ans de mise en pratique

En septembre 2010, la ville de Fontainebleau adoptait un nouveau plan de circulation avec l’apaisement des vitesses comme mesure phare.

Objectifs : harmoniser la circulation, sécuriser les usagers, améliorer le cadre de vie, protéger l’environnement et promouvoir un meilleur partage de la rue entre véhicules, piétons et cyclistes.

Après des débats contradictoires, des ajustements successifs et une expérimentation concluante, la municipalité décidait de généraliser la vitesse limitée à 30 km/h sur l’ensemble de ses voies communales. Seules les voies départementales, réservées à la circulation de transit, restent limitées à 50 km/h. Une initiative complétée par un plan vélo, lancé en 2010 visant en particulier à instaurer le double sens cyclable dans les rues en sens uniques et à augmenter fortement le nombre de points de stationnement.

Fontainebleau_30

Bilan : « On a vu un apaisement de la circulation. Quand la vitesse était limitée à 50 km/h, les gens roulaient à 60-70 km/h. Là, avec une limite à 30 km/h, ils roulent à 30 ou 40 km/h… Surtout, nous constatons une évolution des mentalités par rapport aux vélos. Dans les zones 30 aménagées à sens unique pour les véhicules et à voie cyclable en contresens, plus personne ne crie quand j’arrive à contresens. Les automobilistes ont le sourire. On a gagné! »
Chaque année, Fontainebleau comptait 10 à 15 piétons renversés en centre-ville par des voitures. Et deux sont décédés en 2008 et 2009.
« Aujourd’hui, nous n’avons plus de morts », se félicite Virginie Perrachon, adjointe au cadre de vie.

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La vitesse, première cause d'accident ?